Masterclass de Milan

20. Des sentiers grand public pérennes

#leçon1 #leçon5 #grandpublic

Si on veut vraiment réussir sur le long terme et avoir de nombreux utilisateurs, je pense que c'est important de créer un sentier qui puisse satisfaire, d'une manière ou d'une autre, le plus grand nombre de gens.
À la campagne, quand les anciens voulaient faire un sentier, ça pouvait se passer ainsi : tu as par exemple le village, et tu as ici les terres fertiles. Entre les deux, une montagne et là un col, qui est le point le plus bas pour passer de l’un à l’autre. Alors on avait le choix, soit de monter la montagne en passant par le col et en redescendant vers les champs fertiles – et ça c’est la voie la plus rapide. Mais comme on montait beaucoup, ce n’était pas utilisable par les ânes, les mules ; donc les gens allaient tracer allaient aussi tracer un sentier plus long, qui contourne la montagne, sans grand dénivelé. Ça, c'est une vision très simple. Dans ce cas-là, on sait qu’à 100 %, sans aucune exception, s'il y a un col, tu trouveras ces deux sentiers : celui-ci, utilisé par les piétons, et celui-là, par les ânes et les mules. Et ça c'était par besoin, parce qu'on devait aller du point A au point B.

Avec nos Sentiers Métropolitains, nous n'avons pas ce besoin. Nous ne voulons pas aller du point A au point B, nous voulons découvrir tout ce qu'il y a entre le point A et le point B. Pendant l’Antiquité, s’ils avaient pu voler directement, ils l'auraient fait. Ils ne le pouvaient pas, donc ils essayaient de trouver les traces les plus faciles et plus simple à suivre. Aujourd'hui nous avons ce choix. Par contre, nous avons cette limite : Comment est-ce qu'on peut faire un choix qui puisse répondre aux besoins que nous allons créer chez les gens ? Comment est-ce que nous allons créer un sentier qui va être apprécié par le plus de gens possible, afin que ce sentier puisse exister pendant longtemps ?

Là, j’ai un avis contradictoire par rapport à Jordi : les gens ont besoin de voir aussi où ils se trouvent. Ils vont passer par des lieux où ils peuvent avoir une grande vision de la ville, et si certains ne veulent pas avoir cette vision, ils ont le choix de fermer les yeux, ils ont le choix de ne pas regarder, mais on doit leur donner la possibilité de pouvoir voir. C'est comme une photo. Prenons une photo de ce mur-là : si on décrit, nous avons la télé, le bureau, les fenêtres, le toit, les lampes. Ce sont des mots simples qui peuvent être déclinés. Mais si on demande à un artiste de peindre ça, il peut le peindre du manière très parfaite presque identique à la photo, mais ça peut aussi être quelque chose de très artistique, très interprété. On peut décider de ne pas les amener là où on a une grande vision de la ville, de ne pas aborder la mer, de ne pas passer par le centre historique, etc., c'est une interprétation artistique. Mais je pense c'est très important de donner le choix. Il s’agit de donner le plus grand choix possible afin que le plus grand nombre de gens puissent aimer ce tracé, parce que c'est ça pour moi qui va garantir sa pérennité.