Masterclass de Milan

04. La porosité des circulations

#leçon1 #urbanisme #voitures #tramepietonne

"Il peut y avoir des démarches très liées à l’urbanisme dans la conception des Sentiers Métropolitains. Mais on peut avoir aussi des démarches qui sortent de ces savoir-faire professionnels et de cette vision de long terme sur « comment doit devenir la ville » et « comment les circulations doivent se développer dans la ville », avec l’idée de séparation des circulations (cf. Nicolas). On peut aussi partir de la manière d’appréhender la ville au présent, sans imaginer comment elle pourrait devenir.

Une question intéressante dans cette interrogation du quotidien consiste à voir comment les circulations se mélangent dans la ville à grande ampleur, voir comment on peut trouver des voies où il n’y a pas des voies qui sont consacrées seulement à la voiture, ou seulement aux transports en commun, mais où il peut y avoir des porosités entre le trottoir, qui serait plutôt la voie piétonne, et la chaussée, qui serait plutôt pour l’automobile, et comment finalement on peut aller chercher des voies qui sont plutôt de petite dimension, pour des circulations plutôt lentes même pour les voitures, et avoir une coexistence de ces circulations, à la fois des automobiles qui débordent sur le trottoir, des piétons qui marchent là où circulent les voitures et avoir ainsi une ville qui n’est pas silencieuse, mais qui produit des sons de petite vitesse, et qui se mélangent. Sans projeter une ville du futur à 10 ou 15 ans avec une transition énergétique, on peut aussi aller interroger la ville telle qu’elle est pratiquée au présent, telle qu’elle est bruyante, vivifiante, au présent, et aller chercher ces voies praticables par des piétons et qui ne se mettent pas à l’écart de la vie quotidienne.

Ce que je regarde en traversant Athènes. Athènes est entourée par des montagnes. Jalonnée par un certain nombre de collines. Athènes, vue de l’intérieur, est considérée comme une ville essentiellement utilitaire, construite parcelle par parcelle, sans qu’il y a eu un design urbain, une conception des circulations avec séparation des fonctions, donc c’est une ville très multifonctionnelle, à toutes les échelles, avec peu de hiérarchie entre les axes de circulation, très peu de grands axes. C’est pour ça que cette idée de s’éloigner des axes bruyants n’est pas opérantes à Athènes, où il n’y a que deux autoroutes dans la ville, et peu d’avenues pour des circulations rapides.

Donc que voit-on ? Une ville où les usages domestiques peuvent se concrétiser dans de nombreux endroits dans l’espace public. Il y a une porosité à très petite échelle entre l’espace de l’habitation, le résidentiel et l’espace public. Les habitants plantent sur le trottoir, laissent des arbres préexistants sur leur parcelle, seulement pour des questions domestiques de petite ampleur, de proximité, sans penser à une circulation à grande ampleur."